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Climate Contribution Framework : que révèlent les 10 premières scorecards ?

Dix entreprises, dont Orange, Bel et EDF, ont publié leur scorecard du Climate Contribution Framework (CCF).

Qu’est-ce que cela révèle sur l’action climat des entreprises ? Interview avec Renaud Bettin, co-fondateur du CCF.

LCAW CCF
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Blog
Dernière mise à jour
23 juillet 2026

Dix entreprises ont déjà publié leur scorecard. Qu’est-ce que ça signifie pour toi ?

Le fait que des entreprises aussi importantes, dont une américaine, jouent le jeu est un signal très fort. Le CCF répond à un vrai besoin: il capture l’intégralité de l’action climat, au-delà de la seule empreinte carbone et la fixation d’une cible, et offre un cadre de comparaison unique. Les entreprises sont fières de ce qu’elles font, et le fait qu’elles acceptent de rendre public leur scope entier le prouve.

CCF scores - Novethic

Quand on regarde Schneider Electric, on s’aperçoit que presque la moitié de son action climat peut être couverte par autre chose que le plan de transition. Chez Valeo, c’est un tiers. C’est une information cruciale : au-delà de la réduction des émissions, il y a un potentiel énorme de contribution au net zéro via d’autres leviers.”

Renaud Bettin
Renaud Bettin
VP Climate Action

En quoi ce cadre change-t-il la donne ?

Jusqu’ici, il n’existait pas de cadre qui mette autant en valeur, de manière comparable, la réduction des émissions, les solutions climatiques et le financement. Ces dix entreprises posent les fondations d’un benchmark qui n’existe pas encore. Elles n’attendent qu’une chose, que d’autres viennent publier leur score pour se comparer.

Comment fonctionne le score, et comment le potentiel maximum est-il défini ?

Le score en pourcentage est comparable entre toutes les entreprises du monde, quel que soit leur secteur, Il se calcule toujours par rapport au potentiel contributif de l’entreprise, c’est-à-dire son maximum atteignable sur les trois leviers : baisse des émissions, diffusion de solutions et financement, qui n’ont pas le même poids selon l’industrie. Une entreprise peu matérielle comme Orange aura un potentiel plus faible qu’une entreprise comme EDF. C’est pour ça qu’un score de 34 chez Orange reste comparable à un 76 chez EDF : dans les deux cas, c’est le chemin parcouru vis-à-vis du maximum atteignable pour cette entreprise.

EDF scorecard CCF

Que révèle l’analyse des trois leviers A, B et C ?

Le pilier A, les plans de transition, est déjà très bien maîtrisé, les entreprises savent fixer des cibles, mesurer leurs émissions, structurer leur gouvernance. En revanche, sur les leviers B et C, la diffusion de solutions et le financement, elles sont clairement en sous-régime. Et c’est là que ça devient intéressant : chez Schneider ou Valeo, la somme des scores B et C représente déjà un tiers, voire près de la moitié, de l’ensemble de leur contribution. Ça montre qu’au-delà de la réduction des émissions, il y a un potentiel énorme encore inexploité.

SE scorecard CCF

Comment les entreprises accueillent-elles ce cadre ?

Elles disent surtout deux choses. D’abord, que le cadre capture enfin l’intégralité de ce qu’elles font, et pas seulement l’inventaire des gaz à effet de serre. Ensuite, qu’il rouvre des placards : des leviers qu’elles avaient mis de côté car trop compliqués à mesurer, et que le CCF valorise aujourd’hui. Il y a enfin un vrai côté actionnable : quand on regarde une scorecard, on voit tout de suite où il faut agir.

Faut-il prendre ces premiers résultats avec des précautions ?

Oui, pour deux raisons. D’abord, ce sont des entreprises pionnières, plutôt en avance sur ces sujets, donc les scores qu’on observe sont plutôt bons. Ensuite, il est probable que la maturité des entreprises européennes apparaisse de manière un peu plus claire quand elles seront comparés à des entreprises non européennes.

Le pilier C semble être celui sur lequel les entreprises sont les moins avancées. Pourquoi est-il urgent d’agir dès maintenant ?

Parce qu’il ne faut pas attendre l’illusion d’un net zéro à l’échelle de l’entreprise pour financer des projets climat. Le meilleur exemple, c’est Bel, à 96 sur 100 sur ce pilier : achats de crédits carbone, soutien à des initiatives, montée au capital d’entreprises qui préservent les tourbières du Jura, et j’en passe. Ce qui rend ça particulièrement solide, c’est que ce score C est toujours présenté juste à côté des scores A et B, impossible donc de masquer une inaction sur ses propres émissions derrière du financement externe. Le CCF, c’est l’anti-greenwashing.

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